Après avoir bien récupéré, il est temps maintenant d'attaquer les choses sérieuses. Et pour cela, rien de tel que l'ascension du Rinjani!
Le Rinjani est un volcan situé sur l'île de Lombok culminant à 3720m. Il se présente sous la forme d'une montagne au sommet occupée par une caldeira assez étendue, dont l'intérieur présente un lac de cratère (le lac Segara Anak) et un cône volcanique actif. Pour info, la dernière éruption date de novembre 2010.
Nous avons donc quitté le Sejuk Cottage Vendredi matin et ç'est devenu sport dès le moment de prendre le bateau en direction de Lombok. Toujours la même histoire pour prendre le public boat. Il a fallu attendre qu'il y ait suffisamment de monde pour qu'il parte et au moment où il se sont enfin décidés à lever l'encre, ils ont rempli le bateau de toutes les bouteilles vides de gaz de l'île afin de les renvoyer sur Lombok. Bref, plus trop place sur le bateau…
L'arrivée à Bangsal fut pire… Je pense que ce lieu a marqué toutes les personnes qui y sont passées. Entre la descente du bateau qui eu lieu dans l'eau, essayer de trouver la personne à qui nous devions confier nos passeports pour l'extension du visa, les locaux qui nous harcelaient pour n'importe quoi et la chaleur assommante, Bangsal ne pouvait nous laisser un bon souvenir…
Enfin, nous sommes arrivés à retrouver Brice et Sophie qui avaient été récupérés entretemps par des gars de l'agence par laquelle nous avions réservé. De là, un chauffeur (ou plutôt un chauffard) nous a amenés au village de Senaru, principale porte d'entrée du Gunung Rinjani National Park. Après un coup d'oeil rapide de la chambre d'hôtel qui ne valait effectivement pas plus que 200 000 roupies (16€), nous sommes allés faire un tour dans le village qui a été rapidement écourté par l'appel du Nasi Goreng… et du pancake pour ma part… Le soir, le gars de l'agence est venu nous faire un topo sur les trois jours qui nous attendaient et nous avons fait la connaissance de notre guide qui est venu récupérer nos duvets afin de tout préparer pour être prêts à attaquer le matin à 8h. Nous avons partagé ces 3 jours avec le guide, les porteurs et un autre couple de français, Julia et Benjamin.
Après un réveil assez original avec une grenouille dans la salle de bain en train de barboter dans une marre faite par la chasse d'eau des toilettes, on s'est pris un pancake, un thé/café puis on a attaquéi. Au programme du premier jour, 2000 mètres de dénivelé positif jusqu'au campement, le village n'étant qu'a 600 mètres d'altitude. L'ambiance était très sympa, notre guide vraiment bien. Il nous a mis un bon rythme tout à fait adapté tout au long du trek.
Cette première partie se passe dans la forêt et la brume est arrivée assez rapidement. En même temps cela ne nous a pas étonné car, depuis Gili Air nous n'avions rarement vu le Rinjani dégagé… On a eu de la pluie par intermittence, du coup on oscillait entre le Kway et le T-shirt. On a fait une pause dej à mi-chemin et ce sont les porteurs qui se sont occupés des repas. On peut dire qu'ils gèrent bien, car en plus d'avoir un rythme impressionnant en tongs ou même pour certain pieds-nus, ils s'occupent de tout( portage, repas, faire et défaire le campement). Bref, on se sent un peu privilégié… Par contre question repas, on reste dans le typicos! Mais ça ira très bien (comparé à ce que nous avons connu sur Kalimantan).
| Pause déj |
Nous sommes arrivés au campement vers 17h et dès que nous nous sommes arrêtés, nous avons de suite ressenti les 2600m d'altitude. En effet, la polaire et la gore tex étaient largement supportables. C'est dommage car la vue n'était pas dégagée mais c'est pas grave, l'ambiance est restée au beau fixe autour d'un thé bien chaud. Nous avons pu quand même profiter d'une légère éclaircie pour apercevoir le sommet du Rinjani. La nuit tombant assez tôt, le repas ne s'est pas fait pas à l'heure espagnole. A 18h, nous étions autour de notre mie-goreng et à 19h dans nos tentes respectives. Il faisait trop froid pour s'éterniser dehors. Nous communiquions donc de tentes à tentes jusqu'à ce que la fatigue se fasse ressentir.
| Le voilà... |
| Préparation du diner |
Le lendemain, je me suis levée à 6h suivie par Romain et là la vue était complètement dégagée. On voyait bien la caldeira et de l'autre côté les îles Gilis avec au loin le mont Agung. Vraiment très beau point de vue, tout le monde a sorti son appareil photo.
| Le sommet enfin dégagé... |
| Les îles Gilis |
| Notre campement |
Au ptit déj on a eu droit à des toasts et des beignets de bananes histoire de nous mettre en forme pour la suite. Programme du deuxième jour, descendre au niveau du lac, aller aux sources chaudes puis remonter vers le camp de base numéro 2 qui se situe à peu près à la même altitude. C'est le passage apparemment le plus délicat, dans le sens où le chemin est étroit et qu'il vaut mieux ne pas glisser car la pente en aval est assez raide. On s'est vite rendu compte qu'en faisant attention, il n'y a pas de soucis apparents.
| Ptit dej |
| Pliage du duvet, toute une technique (merci Brice pour cette prise rafale mais je n'ai pas pu toutes les mettre) |
| La fine équipe |
| Le lac Segara Anak |
| Vue d'ensemble de la caldeira |
Nous avions tous hâte d'arriver aux sources chaudes pour se relaxer et se passer un coup d'eau mais nous avons vite, très vite déchanté… Déjà, l'arrivée au bord du lac a été un peu décevante. Le paysage est très beau mais il y avait plusieurs personnes qui campaient dans ce coin afin de pêcher et c'était vraiment sale. Quel dommage, surtout que c'est un parc national qui devrait être préservé! En plus le brouillard commençait à tomber ce qui n'arrangeait en rien l'atmosphère.. On a donc continué quelques temps jusqu'aux sources chaudes. Et là, c'était le deuxième effet KissCool.. Un vrai campement y était installé, je pense depuis quelques jours vu le nombre de déchets accumulés. Il y avait de tout, je laisse libre choix à votre imagination… Vous aurez donc compris que nous sommes restés sur le coté sans goûter à l'eau. Seul un jeune australien parmi notre groupe, dont nous avions écopé le matin même car son groupe ne faisait pas le sommet et redescendait, l'a quand même tenté. Ce passage fut expédié plus vite que prévu par notre guide qui avait l'air autant déçu que nous du spectacle. Nous sommes allés déjeuner un peu plus loin avant de commencer la remontée.
| Le lac Segara Anak |
| A respecter... |
| Les sources d'eau chaude |
Dans l'après-midi, ç'a été plus rude. D'une part car nous ne nous attendions pas à un dénivelé aussi important et d'autre part dû à la pluie qui est venue nous rendre visite. Pour le coup ce n'était que de la grimpe car impossible de profiter du paysage avec ces conditions. On ne voyait strictement rien. Aron, notre guide, nous a dit qu'il n'avait jamais vu un temps comme ça au mois de Juillet qui est censé être la saison sèche… Bref, un peu déçus nous avons continué jusqu'à notre campement en commençant à ressentir un peu de fatigue. Quand nous sommes arrivés, le campement était déjà monté. Ils avait même commencé à préparer le diner. Ils sont vraiment impressionnants.
Ce soir-là, nous avons battu tous les records. Dîner à 16h et couchés à 17H30… En même temps, vu le temps qu'on avait, il n'y avait pas grand chose à faire. Nous étions d'ailleurs assez inquiets pour le lendemain. Aron étant venu nous dire juste avant que, si à 3h du matin le ciel n'était pas dégagé ce ne serait pas la peine d'entamer l'ascension dans la nuit. Nous croisions tous les doigts…
En attendant, nous avons essayé de faire sécher les affaires comme nous pouvions dans les tentes qui s'étaient transformées en "Gitanland". Mais c'était tellement humide que la solution a été de mettre celles encore utilisables dans le duvet afin qu'elles ne prennent pas toute l'humidité de la nuit.
Réveil à 2H30 et là, pour notre plus grand plaisir, le ciel était rempli d'étoiles! Super, nous avons enchainé direct avec des gâteaux et le thé avant de partir pour les 1000 deniers mètres d'ascension, le but étant d'arriver avant le lever de soleil. Nous avions toujours un bon petit rythme et j'ai pu retrouver cette terre de volcan que j'adore…, à savoir du sable où tu fais un pas en avant et deux en arrière (ce qui me rappelle étrangement le volcan du Mordor de Nouvelle Zélande où je n'ai apprécié que la vue qu'il y avait d'en haut…). Aron nous a annoncé 3H de montée, mais t'inquiètes, nous on est des gars de la vallée… en 2H30 nous étions au sommet. Nous avons attendu une 1/2h en contre bas, à l'abri du vent avant d'assister au plus beau lever de soleil d'Indonésie! Un panorama somptueux. De là-haut, on surplombe toute l'ile de Lombok et on peut voir la mer tout autour. On voit Bali au loin avec le mont Agung et à côté l'ombre du Rinjani formée par les premiers rayons de soleil. Je n'ai qu'un mot à dire Waouh! Dommage que nous ne soyons pas les seuls…
| Agung vers la droite et l'ombre du Rinjani à gauche |
C'est maintenant l'heure de la descente, donc en avant toute c'est en courant que ça se fait en enfonçant bien le talon dans le sable noir avec plus ou moins de style. Ca s'est fant beaucoup plus rapidement que la montée mais nous avons pu néanmoins profiter tout au long de la descente de ce paysage grandiose. Et, arrivés au camp, comme d'hab, le ptit dej, le vrai cette fois, était prêt. On s'est goinfré de pancakes avant d'entamer l'ultime partie de ce trek. La descente jusqu'au village de Sembalum s'est faite sous le soleil. Il nous aura quand même fallu 5h pour atteindre ce lieu où une camionnette est venue nous chercher pour nous ramener à Senaru récupérer nos bagages. La descente nous a paru bien longue mais heureusement que Brice avait bien étudié les lieux et a su nous dire quand il ne restait que 20 minutes…
| Un de nos porteur |
| A 15 dans la camionnette !!! |
Je pense que c'est l'une des choses que nous avons préférée en Indonésie. En plus de paysages plus que dépaysants et magnifiques, il y avait vraiment une bonne ambiance dans le groupe et nous avons profité un max. Et comme dit le proverbe, après l'effort, le réconfort, c'est pour cela que nous nous sommes dirigés chacun vers des destinations plus reposantes, à savoir Kuta Lombok pour nous et les Gilis pour les autres...

Magnifique ces paysages...Vous pensez que vu mon équipement j'aurai pu monter ? Bisous...
RépondreSupprimerNon.... il faut avoir une condition physique exceptionnel et le matériel adéquat...:)
SupprimerUn des grimpeurs.....
Je sens le montagnard dans l'âme qui parle...
SupprimerMais je rajouterai que ce qui permet de tenir le coup c'est le Mie Goreng !!!
Oui c'est sûr Lolo, avec tes deux jeans, tes chaussettes de l'Aviron et tes Converses en papier y a pas de doute, tu serais au moins arrivé chez Tata Rosa...
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